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La canonisation de Bernadette, en 1933

Basilique Saint-Pierre de Rome, le jour de la canonisation de BernadetteLe 8 décembre 1933, Bernadette est proclamée "sainte".

Le pape Pie XI prononce depuis Rome, solennellement, la formule de la canonisation de Bernadette: «En l'honneur de la Très Sainte et Indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et pour l'accroissement de la religion chrétienne, par l'autorité de Notre Seigneur Jésus Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Notre, après une mûre délibération et ayant souvent imploré le secours divin, de l'avis de Nos vénérables frères les cardinaux de la Sainte Église Romaine, les Patriarches, les Archevêques et Évêques, Nous déclarons et définissons Sainte la bienheureuse Marie-Bernard Soubirous et l'inscrivons dans le catalogue des Saints, statuant que sa mémoire sera pieusement célébrée dans l'Église universelle le 16 avril de chaque année, jour de sa naissance au ciel. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit».

A l'issue de la messe solennelle célébrée par le pape Pie XI, le chant de l'Ave Maria est spontanément entonné par la foule comme il l'est aux Sanctuaires à Lourdes.

 

 

 

 

Extrait de l'allocution du pape Pie XI
pour la canonisation de Bernadette Soubirous


Pie XI, le pape qui a béatifié puis canonisé Bernadette Soubirous[...] "C’est la Sainte Vierge Immaculée qui vous a convoqués pour l’honorer elle-même et honorer sa petite servante, la petite, la grande sainte Bernadette, devenue la confidente de la Reine du Ciel. [...] La vie et la sainteté de Bernadette sont un fruit admirable et complet de la Rédemption. La nouvelle Sainte nous enseigne ce que le monde dédaigne et méprise : la vie cachée, la vie humble, de renoncement, qui est une des grandes leçons du Rédempteur, nous indiquant aussi ce précieux et divin enseignement : “Apprenez de Moi que je suis doux et humble de coeur”. L’Evangile se résume en cette leçon essentielle. Telle est bien la finalité de la vie chrétienne, la raison dernière des enseignements du Rédempteur qui, au cours de sa vie parmi les hommes, de Bethléem au Calvaire, est venu précisément pour que les âmes aient la vie, au sens strict du mot, et l’aient surabondamment. Le sentiment d’humilité qu’il a apporté au monde était totalement inconnu du monde païen, comme nous le constatons encore dans les régions qui ne sont pas évangélisées, infestées par les erreurs et les horreurs de toutes sortes. Quel contraste ! Après dix-neuf siècles, sainte Bernadette vient encore rappeler cette grande leçon à un monde où sévissaient l’arrogance de l’esprit, la superbe du coeur et le mépris de l’humilité, la petite sainte de Lourdes a été un parfait modèle de douceur et d’humilité. [...].

Bernadette Soubirous, portrait bleu"Et maintenant Nous allons vous bénir et Nous mettons en cette bénédiction tous les désirs que Notre coeur peut former. Qu’elle descende sur vous tous, sur chacun, sur chacune, non seulement sur vous ici présents, mais encore sur tous ceux auxquels vous pensez. Qu’elle descende sur toutes les personnes que chacun de vous porte dans son coeur ; qu’elle descende sur vos maisons, vos familles, vos parents, tout ce que vous avez de plus cher, en un mot, sans oublier vos chers enfants, prédilection du divin Rédempteur et objet spécial de Notre sollicitude paternelle. Car nous désirons les voir, ces jeunes, profiter largement eux aussi des fruits de la Rédemption,Nous voulons les voir soustraits à tout ce qui pourrait les empêcher de profiter de ces fruits. Car nous avons le droit de compter sur cette jeunesse. Ces jeunes sont au commencement de la vie, c’est pourquoi Nous les bénissons avec préférence, pour que ces bénédictions les accompagnent dans les difficultés de l’existence.

[...] “Vous êtes venus renouveler pour Nous cette joie que nous avons goûtée à Saint-Pierre, au cours de la cérémonie où vous apportiez la contribution de votre présence si autorisée, si attendue, si justifiée, et celle de votre foi, de votre dévotion, de votre prière. Ce fut vraiment une cérémonie comme on en a rarement vu, peut-être jamais, d’aussi magnifique et d’aussi recueillie. Nous sommes heureux de vous bénir encore, de saluer en vous Lourdes, cité si heureuse et si fortunée par le choix de la Vierge Marie, pays privilégié et théâtre d’événements grandioses, où la Vierge par ses confidences à sa fidèle disciple, attire d’innombrables multitudes qui éprouvent et magnifient sa maternelle bonté et sa puissante intercession. C’est à Lourdes que nous devons non seulement les splendeurs de l’Immaculée Conception, mais ce cadeau qui se nomme votre et Notre sainte Bernadette.” [...]

La présence des Lourdais à Nos pieds, nous rappelle nécessairement les choses magnifiques vues et admirées par Nous à Lourdes, où Nous avons pu goûter dans toute sa plénitude la douceur profonde qu’apportent à l’âme la magnificence et la sainteté de ce lieu béni, la beauté du pays et de ses montagnes, la Grotte miraculeuse vraiment mariale par excellence. Cette douceur, Nous l’avons goûtée plus intimement lors de notre première visite à Lourdes où se trouvaient seulement une famille de pèlerins de Shanghaï, le père, la mère et la fille qui étaient venus à la Grotte faire une visite d’action de grâce, à la suite d’un miracle obtenu et duquel Nous avons vu un signe évident. La beauté précieuse du silence et de la solitude qui, ce jour-là, contrastaient éloquemment et de façon suggestive avec les habituels élans de ferveur collective et les clameurs de la multitude, incitait l’âme à la confiance et à la foi, la conduisait à entendre la voix de la Vierge et à jouir de l’enchantement de son visage maternel. Quelle beauté, aussi dans la succession des nombreux et grands pèlerinages, les processions solennelles et la vue de tant de douleurs, de tant de souffrances, de patience héroïque, d’espérance et d’aspirations, lorsque Jésus, Dieu tout puissant, passe sous les Espèces Eucharistiques au milieu des acclamations, comme il passait au milieu des foules, au temps de sa vie mortelle”. [...]