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L'avenir des piscines du sanctuaire de Lourdes

Mi-septembre 2012, Mgr Brouwet, évêque du diocèse de Tarbes et Lourdes, a annoncé son souhait d'approfondir pendant deux ans (au cours des saisons de pèlerinages 2013 et 2014) la question des piscines du sanctuaire de Lourdes sous un angle pastoral. Il suspend donc le projet de construction de nouvelles piscines sur la prairie envisagé par son prédécesseur.

Depuis quelques années on parle de bâtir de nouvelles piscines . Où en est-on ?

Mgr Nicolas BrouwetEn arrivant au sanctuaire de Lourdes, j’ai, en effet, trouvé un projet de construction de nouvelles piscines déjà bien avancé. Un concours d’architecte a même été lancé ; un lauréat a été désigné. J’ai essayé de bien comprendre les raisons qui motivaient de nouvelles installations. Je crois que, fondamentalement, il s’agit d’une question de nombre : il y a beaucoup de monde aux piscines, beaucoup plus que par le passé. Du coup, les personnes qui veulent se baigner peuvent attendre plusieurs heures.

On a fait alors une double constatation : tout d’abord on ne sait pas comment préparer les pèlerins au bain. Certes quelques prières sont dites pendant le temps d’attente, ce qui est bien. Mais on n’a jamais développé une liturgie particulière ; il n’y a pas de catéchèse très précise autour de la question du bain, en particulier pour préciser ce que ce bain a de différent du baptême ; il n’y a jamais eu de chapelain dédié aux piscines.

Par ailleurs on a constaté également qu’on était peut-être en train d’oublier le simple « geste de l’eau », c'est-à-dire le geste demandé par la Vierge à Bernadette de venir boire à la fontaine et de s’y laver : il s’agit simplement de boire de l’eau de la source et de se laver le visage, les mains, le cou sans prendre un bain entier.

Je comprends que de nouvelles constructions pourraient favoriser un espace de préparation, de catéchèse, un espace, aussi, pour venir boire à la fontaine et s’y laver sans aller aux piscines. Mais je ne suis pas certain, pour le moment, qu’il soit absolument indispensable. En particulier parce que, d’une part, ces constructions sont prévues de l’autre côté du Gave, dans la prairie, et donc éloignées de la grotte, de la fontaine ; et parce que, d’autre part, le coût d’un tel édifice est de plusieurs millions d’euros : en période de crise, est-il prudent de s’aventurer dans une telle entreprise?

Que proposez-vous alors ?

L'entrée des piscines des sanctuaires de Lourdes

Je propose que nous approfondissions, pendant deux ans – ou plutôt deux saisons - avec le recteur du sanctuaire, les chapelains, les membres de l’hospitalité Notre-Dame de Lourdes, notre économe et les services du sanctuaire, la question des piscines sous un angle pastoral. Que voulons-nous faire aux piscines ? Quel est le sens d’un bain dans l’eau de Lourdes, à la fois pour les personnes malades et les personnes bien-portantes. Comment le lien est-il fait avec le sacrement du baptême et le sacrement de la réconciliation ? Comment expliquer le geste de l’eau demandé par Marie à Bernadette et donner les moyens aux pèlerins de le faire dans de bonnes conditions ? Faudra t-il un chapelain aux piscines ? Faudra-t-il un chapelain aux fontaines pour accompagner le geste de l’eau ? Faudra t-il réserver l’espace des fontaines pour le geste de l’eau, quitte à aménager ailleurs un lieu pour remplir les bouteilles d’eau de la grotte ?

Par ailleurs, il faudra certainement davantage d’hospitaliers aux piscines. L’idéal, pour ne pas créer d’attente interminable, serait qu’elles soient ouvertes tôt le matin jusque tard le soir. Tout cela demandera de l’organisation et de la disponibilité.

Nous n’aurons pas trop de deux ans pour réfléchir à tout cela et commencer à mettre en œuvre certaines des suggestions proposées. Je compte sur la prière de chacun et sur l’aide de tous pour que nous puissions prendre la décision pastorale la meilleure. Pour le bien des pèlerins et pour la gloire de Dieu.

 

Communiqué de presse du 18 janvier 2012
de Mgr Jacques Perrier, alors évêque de Tarbes et Lourdes

mgr perrier lors du point presse sur les piscinesAu mois de juillet 2009, les Sanctuaires annonçaient le «Projet Siloé». Il ne s’agira pas seulement de transférer les piscines  pour assurer une meilleure préparation des pèlerins et une plus grande discrétion dans la réalisation du bain aux piscines. Nous voulons aussi revenir au message primitif de la Vierge : « Allez boire à la fontaine et vous y laver ». Or, aujourd’hui, il est possible de boire ou de se baigner, en deux lieux différents, mais pas de se laver. « Siloé » doit donc permettre, selon le désir de chacun, de boire, de se laver ou de se baigner. Depuis deux ans, des groupes de travail ont précisé l’intuition. Des études ont été menées pour choisir un emplacement inatteignable par la «crue millénaire». A l’automne 2011, un avis a été publié, demandant aux architectes intéressés de se faire connaître. Vingt-huit dossiers, la plupart de qualité, nous ont été envoyés. Cinq agences ont été sélectionnées pour travailler, chacune pour son compte, à une esquisse de proposition. Ces agences sont (par ordre alphabétique) : Chabanne et Partenaires (Lyon), Charles Henri Tachon (Paris), Inca (Grenoble), Nathalie Larradet (Pau), Relier Architecture (Paris). Le choix entre les cinq propositions sera effectué à la fin du mois d’avril. La composition du jury sera publiée en temps utile. Il ne faut pas s’attendre à une réalisation avant 2014-2015.

Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes

Allez boire à la fontaine et vous y laver !

Les 9 et 10 juillet 2009, une réunion s’était tenue à Lourdes sur la question : comment répondre aujourd’hui à la demande de la Vierge «Allez boire à la fontaine et vous y laver» ? La mise en oeuvre des décisions a été retardée de deux ans pour des raisons qui vous seront expliquées ci-dessous. La marche en avant a été reprise par une nouvelle réunion, le 17 juin dernier.

Révisons

La rencontre de 2009 réunissait une quinzaine de personnes, les plus directement concernées par la
question. Un «relevé de conclusions» avait été adopté avant la fin de la rencontre.

Lire le relevé de conclusions de la rencontre des 9 et 10 juillet 2009

Pour ceux qui n’auraient pas cette patience, rappelons quelques points.
Nous disposons, pour l’instant,
• des piscines qui ont été déplacées juste avant le Centenaire ;
• des fontaines qui, elles aussi, ont été déplacées, récemment, pour permettre un meilleur accès à la
Grotte et pour éloigner le bruit qui accompagne souvent le remplissage des bonbonnes ;
• du Chemin de l’eau qui a été inauguré en 2004, de l’autre côté du Gave, pour marquer l’année  consacrée au signe de l’eau.

Le bain aux piscines est une des expériences les plus fortes vécues à Lourdes, que ce soit pour les pèlerins ou pour les hospitaliers. Il n’est donc pas question de les supprimer. L’emplacement actuel des piscines et la forme du «plateau» ne permettent pas une préparation convenable. A certains moments, à cause de l’affluence, les piscines sont inaccessibles à des pèlerins pourtant désireux de répondre à la demande de la Vierge.

Les horaires d’ouverture ne sont pas extensibles. La procédure ne fait pas partie du Message de
Lourdes à proprement parler : elle pourrait donc être adaptée en tenant compte de la sensibilité actuelle
et de l’état physique du pèlerin.

Détail de la colonne de bronze des sanctuaires, avec Bernadette creusant la boue

La réunion de 2009 avait aussi conclu à la nécessité de compléter les piscines, même rénovées, par des
vasques qui permettent d’accomplir le geste demandé par la Dame : «se laver». Ces vasques seraient à différentes hauteurs, mais certaines seraient à même le sol : c’est en grattant la terre que Bernadette a découvert le filet d’eau qui allait devenir la source, symbole de tant de grâces.

La même réunion avait conclu que, pour reconquérir une certaine liberté, il fallait aussi conquérir un
nouvel espace. A l’époque, le lieu envisagé était l’emplacement actuel de la Tente de l’Adoration, au départ du pont dénommé, d’ailleurs, «pont des piscines».

 

Il nous a été signifié que nous n’obtiendrions jamais un permis de construire, même pour des piscines,
dans cette zone classée comme inondable en cas de crue centenaire. Les études entreprises pour définir un autre emplacement ont duré près de deux ans. Cela vous explique pourquoi vous n’avez pas eu de nouvelles depuis 2009.

Nouvelles données

Entre le souhaitable et le possible, nous pensons avoir trouvé un emplacement qui sera encore meilleur
que celui auquel nous avions primitivement pensé. En face de la Grotte, en remontant légèrement sur la
pente limitée par le jardin du Carmel, l’espace est protégé du déferlement éventuel des eaux par la masse
de l’église Sainte-Bernadette. La chapelle de l’adoration fera un lieu idéal pour l’action de grâce, après
avoir bu, s’être lavé ou s’être baigné «à la fontaine».

Dans les contraintes qui seront données aux candidats architectes, une des principales sera  d’aménager le lieu de catéchèse et de prière (à la place de l’ancien «plateau») de telle manière que les pèlerins aient une vue directe sur la Grotte, la statue, la croix, l’autel : il ne sera pas nécessaire d’ajouter beaucoup d’éléments pour que le geste de « boire à la fontaine et de se laver » soit mis en rapport avec le Message de Lourdes.

Compte tenu de ces nouvelles données, une autre réunion s’est tenue, le 17 juin dernier. Les participants
étaient les mêmes que ceux de 2009, ou leurs successeurs dans les mêmes fonctions. La réunion a commencé sur le terrain et le groupe a constaté que le lieu était providentiel.

La procédure de l’immersion pourrait être simplifiée pour les personnes valides : on peut se plonger
sans être couché. Comme en 2009, mais avec plus d’insistance, la discussion a porté sur la question de
la tenue. La pratique actuelle est fortement symbolique de la volonté de dépouiller le vieil homme. Elle
implique beaucoup d’humilité. Mais il ne faut pas canoniser une pratique qui n’a jamais été celle de
Bernadette.

Pour progresser, nous avons mis en place quatre groupes de travail :
• pastorale et catéchèse : Siloé dans le Message de Lourdes ;
• les parcours proposés aux personnes, selon leurs motivations ;
• programmation des étapes, études techniques et chiffrage ;
• récolte d’idées et de suggestions, préalable à tout appel à candidatures d’architectes.

A la Toussaint 2011, en synthétisant les réflexions de ces quatre groupes, nous définirons plus  concrètement la demande adressée aux architectes (doublés de techniciens).

Nous nous donnons deux ans pour les mises au point et un an pour la réalisation. L’objectif envisagé est
la «saison» 2014.

Lourdes, août 2011
Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes